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Inde : affrontements entre la police et des manifestants dénonçant les fraudes aux examens
information fournie par AFP 20/07/2026 à 17:55

Des membres de la Rapid Action Force (RAF) tirent des grenades lacrymogènes pour disperser des partisans du "Parti du peuple des cafards" (CJP) lors d'une manifestation réclamant la démission du ministre de l'Éducation, en raison de fraudes présumées aux examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Arun SANKAR )

Des membres de la Rapid Action Force (RAF) tirent des grenades lacrymogènes pour disperser des partisans du "Parti du peuple des cafards" (CJP) lors d'une manifestation réclamant la démission du ministre de l'Éducation, en raison de fraudes présumées aux examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Arun SANKAR )

La police indienne et des milliers de manifestants qui dénonçaient des fraudes présumées aux examens universitaires et exigeaient la démission du ministre de l'Education se sont affrontés lundi dans le centre de New Delhi.

Déployées en nombre, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes en direction des protestataires, principalement des jeunes étudiants, et les ont chargés à coups de matraque, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il s'agit de l'une des plus importantes manifestations organisées dans la capitale indienne ces dernières années.

Réunis à l'appel du "Parti du peuple des cafards", un mouvement récemment créé en ligne, les manifestants réclament ma démission du ministre de l'Education, Dharmendra Pradhan, qu'ils tiennent pour responsable des irrégularités ayant entaché les examens.

Ils voulaient se rendre devant le Parlement fédéral, dont la session estivale a débuté lundi.

"Nous voulons que le gouvernement nous entende, pas qu'il nous fasse taire", a déclaré à l'AFP l'un des manifestants, K.M. Gulshan, 19 ans.

Un policier tire des grenades lacrymogènes pour disperser des militants du "Parti du peuple des cafards" (CJP) lors d'une manifestation réclamant la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, en raison de fraudes présumées aux examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Sajjad HUSSAIN )

Un policier tire des grenades lacrymogènes pour disperser des militants du "Parti du peuple des cafards" (CJP) lors d'une manifestation réclamant la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, en raison de fraudes présumées aux examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Sajjad HUSSAIN )

La police de Delhi avait déclaré dimanche que la marche était illégale et déployé d'importants moyens pour protéger Parlement et bâtiments publics.

L’accès à internet était coupé lundi dans certaines parties du centre de la capitale indienne.

Très tôt lundi, des milliers de manifestants ont commencé à affluer vers le site du rassemblement, bravant la pluie ainsi que les barrages érigés par la police.

Selon des témoins, des dizaines de manifestants et de policiers ont été blessés lors de ces affrontements.

"Pourquoi?"

"Sommes-nous dans une zone de guerre? Pourquoi la police recourt-elle à des tirs de gaz lacrymogènes contre des manifestants pacifiques ? ", a dénoncé sur X le "Parti du peuple des cafards", dont les initiales CJP singent celles du Parti nationaliste indien (BJP) du Premier ministre ultranationaliste hindou Narendra Modi.

Des partisans du "Parti du peuple des cafards" (CJP) manifestent pour réclamer la démission du ministre de l'Éducation, en raison de fraudes présumées aux examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Idrees MOHAMMED )

Des partisans du "Parti du peuple des cafards" (CJP) manifestent pour réclamer la démission du ministre de l'Éducation, en raison de fraudes présumées aux examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Idrees MOHAMMED )

"Votre gouvernement a d'abord ignoré cette mobilisation pendant un mois et, maintenant que nous marchons pacifiquement, il nous attaque. Pourquoi? ", a-t-il ajouté.

Le chef de l'opposition indienne Rahul Gandhi a lui déclaré sur X que "les criminels qui ont divulgué les sujets d’examen sont en liberté, tandis que les étudiants qui soulèvent des problèmes légitimes sont traînés dans tous les sens et passés à tabac".

Des membres de l’opposition ont également scandé des slogans au sein de la Chambre basse du Parlement, réclamant que justice soit rendue aux étudiants.

M. Modi, qui s'est exprimé avant le début de la session du Parlement, n'a fait aucune allusion à la manifestation.

Des militants et sympathisants du "Parti du peuple des cafards" (CJP) affrontent les forces de l'ordre lors d'une manifestation réclamant la démission du ministre de l'Éducation, en raison de fraudes présumées lors d'examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Arun SANKAR )

Des militants et sympathisants du "Parti du peuple des cafards" (CJP) affrontent les forces de l'ordre lors d'une manifestation réclamant la démission du ministre de l'Éducation, en raison de fraudes présumées lors d'examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Arun SANKAR )

Lancé en mai par un étudiant indien fraîchement diplômé aux Etats-Unis, "le parti des cafards" tente de fédérer la colère qui gronde en Inde contre les ratés et scandales qui affectent régulièrement les examens de l'enseignement supérieur.

En mai, une fraude a précipité l'invalidation d'un examen passé par plus de deux millions d'aspirants étudiants en médecine. Cette annulation a causé, selon les médias locaux, le suicide de plusieurs candidats.

Deux dirigeants du CJP ont rencontré lundi le ministre de la Santé, JP Nadda, et lui ont remis une lettre faisant état de leurs revendications, a indiqué le parti.

"La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère cordiale", a déclaré M. Nadda dans un communiqué, précisant qu’une indemnisation de 10 millions de roupies (104.000 dollars) serait versée aux familles des étudiants qui se sont suicidés après les examens.

"Ecouter les jeunes"

Les "cafards" ont multiplié ces dernières semaines les rassemblements dans de nombreuses villes du pays et attiré beaucoup de jeunes qui ne se satisfont plus de ne pas trouver d'emploi à leur sortie de l'université, malgré la forte croissance économique du pays.

Des militants et sympathisants du "Parti du peuple des cafards" (CJP)  manifestent pour réclamer la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, en raison de fraudes présumées lors d'examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Arun SANKAR )

Des militants et sympathisants du "Parti du peuple des cafards" (CJP) manifestent pour réclamer la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, en raison de fraudes présumées lors d'examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Arun SANKAR )

"Narendra Modi n'a pas jusque-là fait mine de beaucoup s'inquiéter pour la jeunesse du pays", a déploré lundi une manifestante, Shubhi Rao, 16 ans, venue protester avec cinq camarades.

"Notre pays mérite un gouvernement qui se préoccupe de ce que les jeunes ont à dire et est prêt à corriger ses erreurs", a renchéri Sumit Kumar, 18 ans.

Le mouvement des "cafards" a été rejoint dès sa création par une figure de la société civile indienne, Sonam Wangchuk, qui a entamé le 28 juin une grève de la faim pour appuyer ses revendications.

Des militants et sympathisants du "Parti du peuple des cafards" (CJP) affrontent les forces de l'ordre lors d'une manifestation réclamant la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, en raison de fraudes présumées lors d'examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Arun SANKAR )

Des militants et sympathisants du "Parti du peuple des cafards" (CJP) affrontent les forces de l'ordre lors d'une manifestation réclamant la démission du ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, en raison de fraudes présumées lors d'examens universitaires, le 20 juillet 2026 à New Delhi, en Inde ( AFP / Arun SANKAR )

Libéré en mars après six mois de détention pour avoir manifesté pour l'autonomie de la région himalayenne du Ladakh, M. Wangchuk, 59 ans, a été hospitalisé de force samedi par la police alors que son état de santé suscitait de plus en plus d'inquiétude.

Lundi, il a déclaré qu'il reprendrait son jeûne à l'hôpital après avoir constaté la "brutalité avec laquelle sont traités les étudiants qui manifestent pacifiquement".

Le fondateur des "cafards", Abhijeet Dipke, a annoncé qu'il entamait à son tour une "grève de la faim illimitée".

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